Vol. 23 · No. 2 · Summer 2005
Penser L'impensable
Le 11 Septembre Des Penseurs Français

François Lagarde

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Abstract

La guerre américaine en Iraq était annoncée, et on a eu le temps d'en parler et de lui trouver une causalité ou une finalité, ou au contraire une illégalité ou une immoralité. L'attentat du 11 septembre 2001 survint sans que l'on s'y attende, et c'est après l'événement subit qu'il fallut le penser, dans " l'inappropriablité, l'imprévisibilité, la surprise absolue, l'incompréhension, le risque de méprise, la nouveauté inanticipable, la singularité pure, l'absence d'horizon ", comme le dit Derrida 1 .

On a eu du mal à voir, à ressentir le 11 Septembre en France à cause des distances géographiques et culturelles et à cause de la télévision, et on est resté sans quoi dire. On a d'abord pensé à soi-ramener l'événement à soi, pour la réassurance. Puis on s'est détourné du lieu, de l'événement du 11 Septembre, pour en penser la date, l'histoire, les origines et on s'est davantage intéressé aux auteurs de l'attentat qu'aux victimes. On découvrit alors, dans ce qui était au commencement impensable, une historicité, une légitimité, une rationalité, une possible bonté de la terreur.